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L'ARTICLE

26/03/2019, audition de la Préfète de Corse: la question du Président du CASIS 2B , Guy Armanet


Madame la Préfète,
 
Il y a un mois, la Corse a connu un nouvel épisode d’incendies particulièrement violent avec une cinquantaine de départs de feu dans toute l'île. Les flammes ont parcouru et détruit près de 1 300 hectares à
Calinzana, ainsi que plusieurs dizaines d’hectares à Sampolu, Todda, Zonza mais aussi à Siscu, Ghisoni et Ped’Orezza. Les moyens mobilisés ont été particulièrement importants : pompiers, sapeurs forestiers de la Collectivité de Corse et autres forces de sécurité civile, ont été déployés au sol ; deux Canadair et deux Tracker sont intervenus dans les airs.
 
En ma qualité de Président du SIS de Haute-Corse, j’adresse bien sûr mon soutien aux maires et habitants de ces communes qui ont eu à subir d’immenses dégâts, ainsi que mes plus sincères félicitations aux différents personnels mobilisés sur ces incendies. J’ai pour ma part pu, une nouvelle fois, mesurer directement la réactivité, le professionnalisme et l’engagement dont les personnels du Service d’Incendie et de Secours de Haute-Corse ont fait preuve sur ces différents départs de feu.
 
L’an dernier, à la même époque, une série d’incendies s’était déjà déclarée dans des circonstances similaires, et avait ravagé durant le seul mois de janvier, plus de 1 925 hectares dans le Cismonte. Le caractère répétitif des feux de forêts de grande ampleur à cette période de l’année doit une nouvelle fois nous alerter. Nous devons en tirer tous les enseignements nécessaires, afin d’anticiper au mieux les conséquences du dérèglement climatique sur l’organisation des moyens de lutte contre les incendies, notamment en termes de moyens aériens.
 
Pour rappel, les moyens aériens dits “nationaux” sont aujourd’hui constitués de 12 Canadair, 8 Tracker et 2 Dash, basés à Nîmes. En Corse, lors de la période estivale, 4 de ces avions, 2 Canadair et 2 Tracker, sont pré-positionnés de manière permanente à
Aiacciu et Solenzara, alors qu’aucun moyen n’est pré-positionné sur notre territoire pendant le reste de l’année. En hiver, lorsque l’indice de risque incendie est élevé, une alerte est donnée par le CODIS afin que des avions soient prépositionnés sur l’île, de manière à intervenir plus rapidement. Malheureusement, les délais de mobilisation s'avèrent relativement longs, et la flotte n’est pas toujours entièrement disponible.
 
Ainsi, Madame la Préfète, êtes-vous favorable à ce que deux avions soient stationnés en permanence à Bastia, afin de lutter plus efficacement contre les incendies, et ce, tout au long de l’année ?
 
L’Etat est-il prêt à s’engager à ce que des moyens soient systématiquement prépositionnés à Bastia ou Aiacciu hors saison estivale, lorsque le risque incendie est élevé, afin d’améliorer la réactivité opérationnelle ?
 
Enfin, Madame la Préfète, je souhaiterais ajouter que la Corse se trouve au milieu de la Méditerranée à seulement 12 kilomètres de la Sardaigne et à 90 kilomètres du littoral Toscan. Ne serait-il pas temps de renforcer les partenariats à l’échelle de l’Union Européenne sur la problématique des incendies ? A ce titre, pourquoi ne pas travailler à faire de la Corse une « tête de pont » de certains de ces moyens Européens au profit de tout l’arc Méditerranéen ?
 
 
 
 

Enfin je voudrais attirer votre attention sur le fait que le SIS de Haute-Corse n’a toujours pas de directeur...
 
 
 
 

Par ailleurs je viens de recevoir deux candidatures au lieu de trois. Une de Mayotte et l’autre du Centre France de la Direction Générale de la Sécurité Civile.
 
 
 
 

Sachant qu’un officier supérieur Corse a postulé à ce poste, qu’est-il advenu de sa demande... ?


26/03/2019, audition de la Préfète de Corse: la question du Président du CASIS 2A , Pierre Poli

Devenir de la réserve territoriale
Madame la Préfète,

 
 

La question que je m’apprête à poser s’inscrit dans une double dimension, à savoir en ma qualité de Conseiller Territorial et dans le cadre de mes fonctions de Président du Conseil d’Administration du Service d’Incendie et de Secours de Corse du Sud.
 
 

En effet, j’appelle votre attention sur le fait que, par délibération en date du 27 février 2006, le Conseil d’Administration du Service d’Incendie et de Secours de la Corse du Sud, autorisait son Président à signer un Protocole portant création de la Réserve Territoriale, dit « Réserve Sarkozy ».
 
 

Ce Protocole était conclu pour une durée de trois ans et reconductible tacitement. Le Protocole prévoyait que, faute du rachat par le SDIS de ces moyens dans les six ans, ledit Protocole devait cesser de produire ses effets. Auquel cas et en pareille hypothèse lesdits moyens étaient repris en compte par l’Etat.
 
 

Etant aujourd’hui confrontés à ce dernier cas de figure, par extension, nous ne pouvons non seulement pas en disposer librement mais l’engagement opérationnel des moyens concernés en devient problématique, tant leur statut juridique est incertain.
 
 

Et pour clore de façon exhaustive l’introduction de cette problématique, il convient d’intégrer le fait que nous pourrions également nous trouver confrontés, en cas d’accident, à des situations de contentieux avec notre assureur.
Mais d’une situation confuse, voire négative il nous appartient de dégager des solutions positives ; l’occasion nous en est fournie ce jour.

 
 

En effet, il nous faut remettre de l’ordre, en concertation avec le Ministère de l’Intérieur, sur la couverture conventionnelle de ce dispositif qui a fait ses preuves.
 
 

Je suis persuadé que la signature d’un nouveau Protocole nous permettrait de sécuriser un dispositif aujourd’hui incontournable, d’autant que cette option ouvrirait également la possibilité d’une nouvelle négociation portant sur le remplacement par l’Etat du parc roulant s’y rattachant, et notamment celui des CCF.
 
 

Vous ayant rappelé, au travers du document vous ayant été transmis par nos services, la genèse du Protocole portant création de la Réserve Territoriale, je m’attacherai plus particulièrement à appeler votre attention sur le vide juridique actuel, le Protocole se révélant caduc.
 
 

Cette situation se révèle d’autant plus problématique qu’il n’y a pas eu de demande de rachat des engins par le SIS 2A (et sans doute pas non plus par le SIS 2B), l’Etat pour sa part, n’ayant pas repris la main sur les engins . Vient se surajouter à ces difficultés, un fait important, à savoir la destruction cet été du véhicule PC de la réserve territoriale (au CIS VERO).
 
 

Or, si la caducité du support juridique, constitue malheureusement une réalité incontournable,en revanche du point de vue opérationnel, l’efficacité du dispostif et des moyens s’y rattachant, n’est plus à démontrer. L’opération dite « Réserve Territoriale » a été une vraie réussite, le fort niveau de sollicitation (supérieur à 500 sollicitations annuelles pour les CCFM) venant le confirmer ; il en a été de même, s’agissant du rôle de renforts extra départementaux entre les deux SIS de Corse, qui a joué à plein durant toutes ces années.
Il m’appartient par ailleurs de préciser que, nonobstant, l’idée originelle de confier ces engins à des sapeurs-pompiers venant en renfort depuis le continent s’est atténuée avec l’évolution technique des engins.

 
 

En effet, les sapeurs-pompiers du Continent intervenant en renfort, préfèrent venir avec leurs propres engins parce qu’ils en connaissent le fonctionnement et les capacités afin de ne pas impacter leur sécurité, qui plus est, sur des interventions à durée très courte et occurrence limitée.
 
 

Sur la base de ces constats que nous pouvons considérer comme un retour d’expérience fiable et exhaustif, et considérant que le SIS 2A a pleinement intégré la « RT » dans son dispositif opérationnel, il convient à mon sens aujourd’hui de vous proposer de définir ensemble les voies et moyens de la mise en oeuvre d’un nouveau Protocole.
 
 

En ce sens, je vous propose trois hypothèses de travail, qui pourraient servir d’éléments de réflexion en vue de l’adoption d’un nouveau Protocole, à savoir :
 
 

1°) Une hypothèse à plus value haute :
 
 

Dans ce cadre, nous pourrions proposer la reprise des engins en l’état actuel par l’Etat après remplacement par des engins neufs au profit du SIS 2A.
Il sera alors nécessaire de conclure un nouveau Protocole. La balance serait également avantageuse pour le SIS 2A, compte tenu du fait que l’investissement nécessaire équivalant à l’acquisition de 6 CCFM + 2 CCI +3 VLRTT pourrait-être estimé à environ 2.000 000€.

 
 

Etant précisé qu’à ce montant, se rajouteraientt environ 250.000€ pour un VPC de dimension  "colonne".
 
 

2°) Une hypothèse à plus value moyenne :
 
 

Dans ce cadre, nous pourrions proposer le rachat des engins par le SIS 2A pour l’euro symbolique, la balance restant avantageuse pour le SIS 2A ; en effet les prix d’achats sont en moyenne de 240.000 € pour un CCFM, 200.000€ pour un CCI, 35.000€ pour une VLRTT.
 
 

A ce jour les engins, mis initialement à disposition gratuitement, sont entretenus et en bon état opérationnel ; toutefois il est nécessaire de prévoir une enveloppe de 50.000€ pour la réfection des citernes des 6 CCFM.
 
 

3°) Une hypothèse à plus value basse :
 
 

Dans ce cadre, nous pourrions proposer le maintien du parc d’engins actuels jusqu’à leur amortissement sur une base de 15/20 ans, tout en prévoyant à terme, leur remplacement par l’Etat.
 
 

Dans cette perspective, il convient néanmoins de mettre l’accent sur le remplacement de l’engin PC détruit cet été, celui-ci constituant un élément essentiel dans la gestion opérationnelle et le commandement d’une opération feux de forêts de moyenne envergure.
 
 

Ainsi que vous l’aurez constaté, Madame la Préfète, ma question ne s’est pas limitée à un propos liminaire mais a pris la forme d’une intervention exhaustive parce que s’attachant à vouloir inscrire le dispositif de la « Réserve Territoriale » dans la durée, ce dernier étant devenu au fil des ans un élément essentiel de l’arsenal opérationnel des deux SIS de Corse en général et du SIS de Corse du Sud en particulier.
Je peux également avancer que la « RT » fait partie intégrante de la « culture opérationnelle » du SIS 2A et qu’à ce titre, il conviendrait, non seulement de la conserver, mais de la réactiver et donc de la réactualiser.

Dans ce cadre, pourriez-vous nous assurer que les services de l’Etat seraient disposés à engager une négociation quant au devenir de cette Réserve Territoriale ?
Sachez, Madame la Préfète, que Monsieur le Directeur Départemental et moi-même sommes disposés à travailler de concert avec vos services afin que la « Réserve Territoriale » demeure une pièce maîtresse de notre dispositif opérationnel.