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L'ARTICLE

36 heures d’exercice « non-stop » pour le service d’incendie et de secours de Haute-Corse


Pendant 36 heures, le service départemental d’incendie et de secours de Haute-Corse, en étroit partenariat avec le 2ème régiment étranger de parachutistes de Calvi et l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile N°5 de Corte ont participé à l’exercice « Corbelle 2016 » de gestion de crise placé cette année encore, sous l’égide du haut comité français à la défense civile (HCFDC). A cette occasion, d’importants moyens en hommes et matériels ont été déployés dans les secteurs de Calvi-Calenzana afin de coller au plus près des divers scénarii élaborés par les initiateurs de l’opération.
 
Pas moins de 48 stagiaires, parmi lesquels vingt-huit cadres du groupe Veolia et 15 autres du haut comité français à la défense civile sont venus du continent se familiariser avec le pilotage d’une gestion de crise complexe en situation de catastrophe. Vers la fin d’après-midi, à partir du poste de commandement de site, le premier scénario se précisait : une prise d’otages impliquant des ressortissants français aux prises avec des éléments hostiles (Djihadistes) vient de se produire sur l’île de Corbelle.
 
Parmi les spectateurs privilégiés de cette action plus vraie que nature, mise en œuvre par des éléments grimés du 2è REP de Calvi, on notait la présence de MM. Alain Thirion, Préfet de Haute-Corse, François Orlandi,  président du conseil départemental de Haute-Corse et du conseil d’administration du service départemental d’incendie et de secours de Haute-Corse, Jean Guglielmacci, conseiller départemental du canton de Calvi-Calenzana, Colonel Charles Baldassari, directeur du SDIS 2B et Colonel Jean-Michel Meunier, patron du 2ème REP de Calvi.

Face à cette situation inédite, les « joueurs » mettaient en action les procédures de négociation avec le « chef des rebelles », et ce, jusqu’au petit matin où l’ordre est donné aux « gentils » de lancer l’assaut. Celui-ci se fera avec l’appui inédit d’un véhicule de l’avant blindé (VAB) médicalisé de la Légion et les deux M 113 « Micna » du SDIS 2B convertis en véhicules de secours aux victimes en raison du risque de mitraillage par les « méchants » encore agissants dans le périmètre concerné. Vers 6 h 00, une catastrophe chasse l’autre et voilà qu’un séisme de forte amplitude vient mettre à rude épreuve nos cadres, chez qui la fatigue gagne du terrain.
 
C’est à ce moment, qu’entrent en scène les deux unités urbaines de recherche et de sauvetage (USAR) de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile de Corte (UIISC 5). 19 personnels placés sous le commandement du capitaine Ferté investissent méthodiquement alors un bâtiment effondré et procèdent à la recherche des victimes, aidés en cela par l’équipe cynophile de l’unité et leur module de soutien sanitaire. Du côté du poste de commandement de site, on s’active pour faire face à ce qui ressemble déjà à un vrai cauchemar. Et pourtant, alors que la situation est à peine sous contrôle du côté séisme, l’impensable vient de se produire en plein de centre de « Villecalm » : un accident de train est signalé aux « joueurs » de l’île de Corbelle. Alors que les éléments de reconnaissance des sapeurs-pompiers arrivent aux abords de la voie ferrée, ces derniers constatent qu’il s’agit d’une attaque terroriste.
 
Aussitôt le 2ème Régiment étranger de Calvi dépêche deux sections en armes afin de sécuriser le site puis un plan « nombreuses victimes » (NOVI) est déclenché par le centre opérationnel du SDIS de Haute-Corse qui engage alors plusieurs véhicules de secours aux victimes aux côtés des moyens sanitaires du 2ème REP. Mais en raison de la présence redoutée de « méchants », il est décidé de réengager les trois moyens blindés médicalisés présents sur site dont deux armés par le service de santé et de secours médical du SDIS de Haute-Corse (3SM) sous les ordres du Colonel Stéphane Bergzoll. Ceux-ci font une arrivée remarquée au milieu de nombreux badauds surpris par le réalisme de la scène. Les équipes de secouristes se déploient alors et vont au ramassage, évacuant les premières victimes vers le poste de rassemblement des victimes (PRV). Là, ils sont pris en charge par des médecins et infirmiers qui s’affairent à gérer les urgences, puis une fois médicalisées, les victimes sont acheminées vers le poste médical avancé.
 
Cette énième catastrophe a notamment  a permis de réaliser dans les faits, les termes de l’accord récemment passé entre le 2ème régiment étranger de Calvi et le service départemental d’incendie et de secours de Haute-Corse. Cette convention prenait à cette occasion particulière tout son sens, puisque l’on a vu pour la première fois, des personnels du régiment agir en binôme avec les sapeurs-pompiers du département de manière très professionnelle.  Au vu des premières observations relevées sur le terrain, cette coopération s’annonçait comme tout à fait prometteuse.
 
« Corbelle 2016 » se prolongeait jusqu’en milieu d’après-midi, avec le rapatriement des derniers ressortissants égarés et leur regroupement au sein du centre amphibie du 2ème REP de Calvi. Où en présence des responsables du haut comité à la défense civile et du commandant Patric Botey, véritable chef d’orchestre de l’opération, une première analyse était réalisée et dressait le contour d’une réussite tant sur la forme que sur le fond. Rendez-vous était alors donné à la caserne Sampiero de Calvi, où un vin d’honneur était partagé dans une ambiance des plus conviviales.