L'ARTICLE

Le SDIS 2B a participé à la formation de formateurs de la protection civile Tunisienne


Dans le cadre d’un accord entre les gouvernements Français et Tunisien, un officier du service départemental d’incendie et de secours de Haute-Corse, le lieutenant Jean-Michel Bona du service formation tronc commun, a été missionné fin mai 2016 afin de conduire une action de formation de formateurs module incendie de niveau 1 (INC1). Il était secondé par l’Adj Mickael Mouton du SDIS de la Marne. Cette action placée sous l’égide la direction de la coopération internationale du Ministère de l’Intérieur, était menée dans la ville de Gabes, en étroite coopération avec l’office national de la protection civile de Tunisie. Comme le raconte le lieutenant Jean-Michel Bona : « Nous avons reçu là-bas un accueil très chaleureux. Nous avons pu rencontrer outre le directeur régional de la protection civile de Gabes, le lieutenant colonel Christophe Debray qui est détaché par la France en tant que conseiller auprès du directeur général de l’office national de la protection civile (ONPC) de Tunisie ». Puis  ajoute : « Ce séjour nous a également permis de vivre à la fois une expérience professionnelle mais aussi humaine à travers des rencontres, des échanges basés sur le respect. J’ai en tout cas le sentiment d’avoir été utile en transmettant des savoirs importants pour nos collègues tunisiens qui assureront à leur tour des actions de formation ». Cette mission qui impliquait le SDIS 2B dont les compétences opérationnelles sont unanimement reconnues, a également permis à l’officier impliqué dans cette démarche, de découvrir une autre forme d’organisation et de conduite des opérations. Nous avons donc demandé au lieutenant Jean-Michel Bona de répondre à quelques questions sur le contenant et contenu de sa première mission en Tunisie :
 
Comment la Tunisie est-elle organisée en matière de sécurité civile ?
 
« C’est une institution publique à caractère administratif disposant d’une autonomie financière et d’un caractère civil. L’Office National de la Protection Civile (ONPC) a pour vocation la prise en charge de toutes missions et interventions nécessitées par les différents sinistres, catastrophes qui portent préjudice ou menacent les biens nationaux, la nature de l’environnement et ce en coopération avec les différentes autorités et institutions publiques. Ils sont partie intégrante des forces de sécurité intérieure du ministère de l’intérieur Tunisien et forte d’environ 6200 personnels, dont plus de 1000 officiers (principalement nommés en 2014 suite aux régularisation d’avancement) l’ONPC est réparti sur l’ensemble du territoire, il y a une direction générale, 24 directions régionales, 74 brigades d’intervention, 1 unité de renfort national, 17 postes de secours secondaires et 13 postes avancés implantés dans des entreprises à risques. En 2014, les services de la protection civile ont assuré 86 096 interventions soit une moyenne de 236 inter/jour. En plus des risques courants, les sapeurs-pompiers tunisiens sont régulièrement confrontés à des catastrophes naturelles majeures (inondations, feux de forêts (15285 inter en 2014), chutes de neige. Il y a un accroissement des accidents de la route (28331 interventions et 1500 morts par an) et du danger potentiel que représentent les sites industriels à risque dans les périphéries des grandes villes ».
 
Quel est son niveau d’équipement ?
 
« Ils ont en général de bons véhicules mais ne les utilisent pas à leur potentiel maximum. Il y a quand même un manque flagrant de vestes et de surpantalons d’intervention, de pièces de jonctions, de lance à débit variable (LDV) pour pouvoir intervenir en toute sécurité. D’où notre présence pour former des formateurs aux manœuvres en binômes, aux lots de sauvetage et appareils respiratoires isolants. Savoir qui sera dispensé par la suite dans toute la Tunisie ».
 
Comment est opérée la formation des cadres et personnels ?
 
« Depuis 2013, de nombreux formateurs ont été formés dans le cadre du projet de coopération bilatérale français en vue de faciliter la montée en puissance de l’école nationale de la protection civile (ENPC). En 2016, en parallèle de la montée en puissance de cette école, une stratégie de diffusion des compétences sur le territoire est mise en place afin d’assurer la formation des agents et des officiers des 24 détachements régionaux de protection civile (DRPC). Le but est d’offrir la possibilité aux DRPC de former en interne leur personnel opérationnel tout en préparent l’arrivée dans les brigades, des futures équipiers et lieutenant formés au sein de l’école nationale de la protection civile. Les stagiaires, futurs formateurs, dans chaque gouvernorat ont été identifiés pour suivre un cursus complet au cours de cette année (soit FOR1 INC1 INC2 PSE1 PSE2 SR MNPS) Quatre centres de formation ont été identifiés : Gabes, Naassen, La Manouba et Bizerte. Ces formateurs auront ensuite la charge de former le personnel des brigades de leur détachements régionaux avec l’appui de l’Ecole Nationales de la Protection Civile (ENPC) ».
 
A l’issue de cette session, un passage par un bowling et l’échange de cadeaux, a permis d’ajouter au caractère studieux des échanges entre l’officier du SDIS 2B et ses homologues tunisiens, une dimension humaine basée sur des liens forts de camaraderie qui unissent les sapeurs-pompiers, quels que soient les pays et les cultures. C’est en tout cas ce qui a été ressenti par le lieutenant Jean-Michel Bona qui  tout en représentant le SDIS 2B, a pu constater à l’occasion de ce séjour en terre amie dont la stabilité est menacée par le terrorisme, que le savoir-faire de nos sapeurs-pompiers constituaient bien une référence aux yeux des collègues tunisiens. Voilà qui doit remplir d’une fierté bien méritée, ceux qui ont la chance de servir au sein de ce prestigieux corps départemental.