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L'ARTICLE

Le centre de secours de Luri a soufflé ses soixante bougies !


Le 1er avril 1956, pour faire face à la multiplication des incendies de forêts, la commune de Luri dans le Cap-Corse et son premier magistrat, M. Sauveur Leandri, décident de créer un centre de secours. Celui-ci sera doté un camion de type Renault « Goélette » d’une capacité de 600 litres. Comme l’explique le Lieutenant Jacques Tomei, actuel chef de centre : « L’effectif quant à lui, était composé de 17 sapeurs-pompiers volontaires résidant sur la commune et agissant sous les ordres du sous-lieutenant Antoine Dellacroce qui devient alors le premier chef de centre et imprimera sa marque à plusieurs générations de volontaires formés à sa belle école. L’année suivante et après avoir suivi une formation à Chaptal, il sera nommé Lieutenant ». Puis l’officier de poursuivre : « Le 16 mai 1961, c’est un camion citerne incendie d’une capacité de 3500 litres que l’on voit arriver pour renforcer le parc automobile. Le véhicule est officiellement remis en présence de Monsieur le Sous-préfet Riou, du Commandant Croize, inspecteur départemental du SDIS 2B, et de Monsieur Sauveur Leandri, maire de Luri et conseiller général. En 1974 de nouveaux véhicules plus adaptés aux missions font leur entrée, en remplacement des deux premiers : un camion citerne feux moyens tout-terrain de type 415 Berliet d’une capacité de 2000 litres ainsi qu’un fourgon pompe-tonne Berliet GAK20 d’une capacité de 3500 litres ». Le 5 juillet 1975, celui qui préside à la destinée de l’actuel centre de secours, intègre ce dernier en qualité de jeune sapeur-pompier volontaire comme beaucoup d’enfants de la vallée avant lui. A cette époque, l’effectif compte 17 personnels :  Sampiero Moracchini, René Andréoti, Charles Bellavigna, Antoine Caleri, Pierre Caselli, Antoine Costa, Toussaint Caselli, Jean-Sauveur Dallacroce, Marcel Dellacroce, Félix Garsi, Marc Lucciani, Charles Marini, Albert Maroni, François Maroni, François Paravisini, Clément Vanucchi et Dominique Valenti.
 
La montée en puissance sanitaire
 
Le 1er juillet 1977, atteint par la limite d’âge, le Lieutenant Antoine Dellacroce quitte ses fonctions et est nommé au grade de capitaine-honoraire. Le même jour, le Sergent-chef Dominique Valenti est nommé sous-lieutenant et chef de centre. Il sera nommé Lieutenant le 1er juillet 1981, après avoir suivi une formation à Chaptal avec son collègue Battestini du centre de secours de Cervioni. Comme le souligne encore, le Lieutenant Jacques Toméi : « Le 1er janvier 1979, le Docteur Louis Angrisani arrive sur la commune. Nommé Médecin-Capitaine des sapeurs-pompiers, il se bat pour la dotation d’une ambulance. Il organise toute la gestion sanitaire sur l’ensemble du Cap-Corse dont des tours de garde avec les Docteurs Pierre Patrice et Philippe Manoni, le suivi médical des personnels, ainsi que des formations de secours à personnes. Par la suite, il sera nommé Commandant ». 1980 verra l’arrivée d’une ambulance destinée à assurer la gestion sanitaire sur les 13 communes en premier départ de Sisco jusqu’à Canari. Plus tard, le Dr Angrisani sera équipé d’un véhicule radio médicalisé pour assurer la médicalisation de toutes les interventions sanitaires sur l’ensemble du Cap-Corse, et ce, 24 heures sur 24.
 
Déclin et renouveau du centre

 
De 1980 à 1985, on assiste à une forte diminution de l’effectif des sapeurs-pompiers volontaires. Une grande partie des interventions, durant cette période, sera alors assurée par MM. Dominique Valenti, Dominique Tomasi et les quelques volontaires restants. En 1985, Monsieur Dominique Cervoni maire de Luri organise, en accord avec le SDIS 2B, le  recrutement d’un employé communal détaché au service incendie pour assurer au quotidien, une permanence des appels d’urgence, un maintien opérationnel du parc automobile qui augmente mais aussi, le recrutement des sapeurs-pompiers volontaires et la formation des personnels. C’est alors que Jacques Toméi postule et est recruté le 1er juillet 1985 en qualité d’adjoint au chef de centre. De 1992 à 1996, l’arrivée d’un groupe de jeunes sapeurs-pompiers volontaires motivés, vient renforcer l’effectif de la caserne et lui donner une nouvelle dynamique opérationnelle. Celle-ci est constituée par MM Vincent Touret, Jean-Jacques Harte, Didier Ciolini, Florent Morachini, Luc Antonini, Michaël Albertini, David Tavella, Thierry Minicucci, Frédéric Antonpietri et Jean-Loup Dominici. Par la suite, le centre intègrera de nouvelles recrues : François Santini, Achille Monti, Pierre Lenciani, Charles Lenciani, Dominique Tomasi, Ferdinand Ciolini, Sauveur Carta, Joachim Zanet et bien d’autre…
 
Décès d’un chef emblématique

 
Le 10 mai 1996 verra le décès du Lieutenant Dominique Valenti, figue emblématique du centre de secours. Cette disparition marque la fin d’une époque durant laquelle le regretté Dominique Valenti aura su imprimé sa marque et  développer autour de sa forte personnalité une véritable cohésion. L’homme et le soldat du feu fera toujours montre d’humanité, de générosité et d’exemplarité. Le 1er juillet 1996, dans le sillage de feu Dominique Valenti, Jacques Toméi est nommé à la tête du centre de secours avec le grade d’Adjudant-chef, sur proposition du Directeur départemental de l’époque, le Colonel Robert Bardo. En 2001, suite à la départementalisation, le centre de secours est transféré au département avec une nouvelle organisation opérationnelle. On assiste aussi au lancement de la construction de la nouvelle caserne.
 
Une nouvelle caserne pour les pompiers de Luri
 
 
En 2002, l’adjudant-chef Toméi est  nommé au grade de Major. Ce dernier commence alors un travail de fond, avec M. Antoine Santucci alors maire par intérim et Antoinette Di Marco, qui fût également maire de Luri de 2002 à 2007. Celui-ci consiste à trouver un terrain à viabiliser et à assurer le financement du mobilier, qui représente un budget important pour cette petite commune du cap-corse. L’amicale participera en grande partie à l’achat du mobilier et voirie et réseaux divers (VRD) et pour sa part, le service départemental d'incendie et de secours de Haute-Corse prendra à sa charge le cofinancement de l'ouvrage à hauteur des 50%. C’est en 2006 que débute la construction de la nouvelle caserne par l’architecte Pierre-Jean Monti. Un groupe de travail constitué de sapeurs-pompiers volontaires se mobile autour du major Jacques Toméi pour rendre celle-ci plus fonctionnelle et adaptée à ses missions. Un an avant l’inauguration, le Major Jacques Tomei est nommé Lieutenant et dès 2008 s’installera avec ses hommes dans la nouvelle caserne qui sera inaugurée en présence de MM. Hervé Bouchaert, Préfet de Haute-Corse, Paul Giacobbi, président du Conseil Général, du Colonel Charles Baldassari, directeur du SDIS 2B et Georges Germoni, maire de Luri. Le 31 Octobre 2011, le Docteur Louis Angrisani décède après des années de bons et loyaux services envers une communauté qui lui a toujours été reconnaissante et au service de laquelle il a toujours œuvré avec beaucoup de disponibilité et d’humanisme. En 2013, le Docteur Philippe Marchand arrive sur la commune de Luri et intègre le centre de secours en qualité de médecin-capitaine.
 
Le centre de secours de Luri aujourd’hui
 
Avec ses moyens tant sur le plan humain que matériel, le centre de secours de Luri s’impose aujourd’hui comme un élément incontournable du maillage territorial en matière de protection des personnes, des biens et de l’environnement. Notamment dans ce milieu rural ou population vieillissante et éloignement des grands centres urbains, génèrent des enjeux sanitaires importants. Ainsi, les hommes du Lieutenant Jacques Toméi assurent la couverture des risques pour une population de 3 500 habitants durant l’hiver et 35 000 en période estivale pour une moyenne annuelle de 450 interventions. La présence de cette unité au centre du Cap-Corse représente bien plus qu’une garantie en matière de couverture des risques. En effet, le rôle social que joue le CIS Luri ne peut être passé sous silence, tant une réalité récente rappelle combien les communes du Cap-Corse sont fragiles et exposés dès qu’une intempérie se déclare. A l’image de celle qui a récemment coupé une route vitale pour les habitants de la côté Est, rajoutant du coup 4 communes aux 11 communes habituellement rattachées au centre de Luri dont c’est peu dire, que la présence rassurante est fort appréciée par les cap-corsins.